Co-fondateur de Gmüesgarte
Simon Weidmann, 33 ans, Berne
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Carottes tordues, petites salades ou pommes deterre biscornues: aujourd’hui, même avec un goût parfait, ces légumes finissenten général leur course sous forme de biogaz. Simon Weidmann ne pouvait pas s’yrésoudre.

«Ce week-end, nous avons sauvé 400 kgd’asperges qui devaient être transformées en biogaz. Elles étaient tordues,trop fines, leur pointe n’était pas aussi belle que ce qu’attendent lesdétaillants. C’est totalement absurde. Ces asperges sont succulentes. Dansnotre boutique Gmüesgarte, nos clients partagent notre philosophie et sontravis d’acheter des tomates qui ne sont pas parfaitement rondes ou des petitessalades. Bien sûr, ces 400 kg ne représentent qu’une goutte d’eau dansl’océan: à eux seuls, les producteurs qui nous livrent se retrouvent chaque saisonavec huit tonnes d’asperges sur les bras. Mais c’est quand même agréable decontribuer, ne serait-ce qu’un peu, à lutter contre le gaspillagealimentaire.  

C’est un documentaire, “Taste the Waste”, qui nousa sensibilisés au problème, ma petite amie et moi. Nous avons tous les deux étéchoqués par la quantité de nourriture jetée. Quand nous sommes partis envacances juste après, nous avons commencé à noter nos idées. Un an et demi plustard, nous avons ouvert le Äss-Bar à Berne. Nous y proposons du pain et desviennoiseries que les boulangeries n’ont pas pu vendre la veille et quiauraient atterri à l’unité de méthanisation. La boutique Gmüesgarte est arrivéeplus tard, par hasard. Le local adjacent au Äss-Bar était loué à une onglerie.L’odeur du vernis se répandait jusque chez nous. Lorsque l’onglerie a déménagé,nous avons immédiatement loué le local, même si nous ne savions pas encore ceque nous allions en faire. Nous avions deux idées et avons finalement opté pourle Gmüesgarte. Nous y vendons des produits que les agriculteurs ne peuvent pasvendre aux détaillants, car ils ne correspondent pas exactement à leursstandards. Notre boutique montre d’ailleurs l’absurdité de ces normes: aprèstout, ces produits sont impeccables et la demande est importante. Le contactavec les clients est vraiment agréable, tout comme l’échange avec lesproducteurs. Je me souviens d’un paysan du Seeland bernois, la quarantaine,trapu et robuste, une force de la nature. Nous lui avons acheté 200 kgd’oignons trop petits. Il produit chaque année plusieurs tonnes d’oignons,c’était donc une quantité totalement insignifiante pour lui. Pourtant, il nousa dit, visiblement touché: “Merci de défendre ce pour quoi nous nous échinonschaque jour.” Ce sont des paroles qui motivent.»

Plus d'informations:
https://xn--gmesgarte-r9a.ch/index.html

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