Terrabiom
Eric Pinto, 37, Lausanne
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Eric Pinto, chilien, montre aux paysans suisses comment utiliser moins de pesticides sans que cela se ressente sur le rendement.

«Les souris, c’était hors de question. Expérimenter avec les animaux, ce n’est pas pour moi. Les plantes, c’est super, mais il faut attendre avant d’avoir des résultats. Restaient les microbes. J’adore les microbes. Ils grandissent vite et leur état en dit long sur l’environnement qu’ils habitent. Certes, on ne peut pas les voir à l’œil nu, mais ils sont partout et constituent un élément important de l’écosystème. Et les microbes sont fascinants. Quand survient une marée noire, ils peuvent «manger» le pétrole et en faire du CO2 et de l’eau. Incroyable, non? Ce sont aussi des microbes qui donnent son goût au fromage. Ou au vin. Je suis originaire du Chili, j’ai passé les étés de mon enfance dans le sud du pays, entre les champs de maïs, les cerisiers et les pieds de tomates. De retour à la ville, j’aimais faire des expériences avec tout ce que je trouvais à la maison. Je mélangeais les différentes lessives en poudre pour voir ce qu’il allait se passer. Il n’y a jamais eu d’explosion. En revanche, beaucoup de bulles. Parce que je voulais mieux comprendre la nature et investir ce savoir pour une bonne cause, j’ai fait des études de biotechnologie. C’est là que je suis tombé sur les microbes. Diplôme en poche, j’ai d’abord travaillé pour une entreprise d’extraction de cuivre. L’objectif était de rendre l’extraction plus écologique en utilisant des micro-organismes au lieu de produits chimiques. Mais il y avait quelque chose qui ne me convenait pas dans ce travail. Au bout d’un certain temps, j’ai démissionné et suis venu à Lausanne pour faire un doctorat. Aujourd’hui, ma partenaire et moi-même, nous conseillons les paysans de Suisse pour qu’ils puissent entretenir des sols plus sains et donc produire de la nourriture plus saine. Les microbes nous en disent beaucoup sur la qualité du sol. Nous prélevons donc des échantillons dans les champs et analysons la terre. Dans le cas d’exploitations biologiques, nous évaluons par exemple si le compost produit par les paysans est réellement optimal pour les différentes variétés de plantes. En agriculture conventionnelle, nous pouvons indiquer le moment idéal pour utiliser des pesticides, et réduire ainsi leur consommation. Car, ce qui est flagrant avec les pesticides et autres produits chimiques, c’est que nous agissons sur le sol sans savoir tout ce que nous détruisons de vivant. Avec notre start-up, nous voulons contribuer à l’adoption de méthodes de production plus durables dans l’agriculture. Et les microbes, ces bêtes minuscules – 1000 fois plus petites qu’un millimètre – peuvent nous y aider.»

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