öbu
Olmar Albers – directeur d’öbu, 56 ans, Zurich
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«Je ne voulais pas finir en vieux dinosaure. On le sait bien: ils ont tous disparu. Je suis donc devenu stagiaire, à l’âge de 54 ans. Durant toute ma vie, j’ai travaillé en entreprise, dans de grands groupes ou des PME. À la fin, j’étais responsable de division dans l’industrie chimique. Mon poste était passionnant, j’ai parcouru l’Asie en tous sens, j’ai beaucoup voyagé. Mais en même temps, je sentais que je voulais faire quelque chose qui avait plus de sens que d’amasser simplement de l’argent pour une entreprise. À un moment donné, par ailleurs, les relations avec mon responsable se sont dégradées. J’ai pourtant vécu mon licenciement, à 53 ans, comme un choc. J’ai longtemps cherché un emploi, en vain. Peut-être parce que je ne savais pas moi-même dans quelle direction je voulais aller. Je savais seulement que le raisonnement hiérarchique et linéaire ne me convenait plus. Je voulais aller de l’avant, découvrir de nouveaux domaines. Un soir, j’ai assisté à une conférence de Niels Rot, cofondateur de l’Impact Hub de Zurich, dont le thème était: «The Future of Work». J’ai su immédiatement que j’allais pouvoir en faire quelque chose. Je lui ai dit que je voulais faire un stage à l’Impact Hub de Zurich. Ça s’est fait, mais ça a été assez désastreux au départ. J’étais convaincu que l’équipe et les start-up pourraient profiter de ma longue expérience professionnelle. Au lieu de quoi j’ai d’abord dû me faire tout petit. Toutes les valeurs que j’avais intériorisées dans ma vie professionnelle antérieure avaient, en fin de compte, peu d’importance. Plutôt que de dire aux autres comment faire, la tendance était à la co-création. Et puis, il faut bien l’admettre, j’étais complètement dépassé par les outils numériques. La plupart d’entre eux m’étaient totalement inconnus. Quand j’ai enfin arrêté de vouloir montrer aux jeunes ce que je savais faire, mes collègues se sont détendus. Subitement, la situation s’est inversée et j’ai pu apprendre d’eux. Le stage m’a également aidé à découvrir ce que je voulais vraiment. Grâce à une rencontre fortuite, j’ai compris que ce qui me motivait vraiment, c’était l’association de l’innovation et du développement durable. Lorsque j’ai appris plus tard qu’obü – association pour une économie durable – cherchait un directeur, j’ai su que le poste était fait pour moi. Voilà un emploi dans lequel j’ai envie de mettre mon énergie, qui me permet de faire bouger les choses. D’autant plusqu’obü réunit à la fois les grands groupes – Migros, Swisscom, CFF – et les PME. Notre objectif? Inciter les entreprises à prendre des décisions pertinentes d’un point de vue économique, mais aussi écologique et social. C’est ce sur quoi je travaille aujourd’hui. Bien sûr, le chemin est encore long, mais je suis optimiste. En effet, même les marchés financiers ont enfin remarqué que si nous détruisons notre planète, il n’y aura plus rien à investir.»

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