Pumpipumpe
Lisa Ochsenbein, cofondatrice de Pumpipumpe, 34 ans, Zurich
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«À chaque déménagement, je trimballais ces lourdes caisses. Et je me rendais compte lors du déménagement suivant que je n’en avais même pas déballé le contenu. Ce qu’elles renfermaient? Un mixeur, un passe-vite, quelques vases... Après notre ixième déménagement, Ivan et moi avons remarqué que nous avions trop de choses que nous n’utilisions jamais. Ou rarement. D’un autre côté, il y a des appareils qu’on ne possède pas soi-même, mais qui nous seraient parfois bien utiles. C’est ainsi que nous nous sommes demandé comment nous pourrions mettre en place un système de partage local grâce auquel on pourrait prêter et emprunter des choses gratuitement. L’idée des boîtes aux lettres nous est alors venue à l’esprit: tout le monde en a une, elles sont en général accessibles à tous et on s’y rend presque tous les jours. Une interface de communication parfaite! Au début, nous imprimions et découpions les autocollants nous-mêmes: un autocollant pour la perceuse, un autre pour le caquelon à fondue, un autre encore pour la machine à coudre. On peut coller les autocollants sur sa boîte aux lettres et montrer ainsi ce qu’on possède. En même temps, en regardant la boîte aux lettres du voisin, on découvre peut-être qu’il a un set de ping-pong qu’on emprunterait volontiers de temps en temps. Après nos premiers essais dans le quartier, nous avons constaté que, au-delà du côté écologique, notre projet, Pumpipumpe, avait également un caractère social, un aspect auquel nous n’avions pas du tout pensé auparavant. En effet, on se met soudain à discuter avec des habitants du quartier qu’on n’aurait sinon jamais rencontrés. Souvent, il s’agit de gens d’un tout autre milieu que ceux qui gravitent autour de nous. Aujourd’hui, il existe aussi une carte en ligne qui permet de chercher des choses précises près de chez soi. Mais même dans son propre immeuble, on découvre souvent des nouveautés. Je me souviens que, au tout début, il y a six ans, j’ai vu un autocollant ‹raquettes à neige› sur la boîte aux lettres de notre voisin. Nous avons sauté sur l’occasion dès le week-end suivant: mon copain et moi sommes allés marcher sous un ciel bleu dans la neige profonde des Alpes bernoises avec les raquettes que nous avions empruntées. Sans cette possibilité, nous ne serions pas partis sur un coup de tête.»

https://www.pumpipumpe.ch/sticker/

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